samedi 30 avril 2011

Cortex s’explique sur ses polémiques pour Essonne info (INTERVIEW)



Entretien : Cortex s’explique sur ses polémiques
29 avril 2011 | Auteur: Julien Monier
Au lendemain de son procès devant le tribunal correctionnel de Paris, le rappeur Cortex, connu pour ses nombreuses polémiques, notamment via internet, a accordé une interview à Essonne Info. Lors de cette entretien sans concession, le chanteur originaire d’Evry répond à ses détracteurs et en dit plus sur ce qui l’anime.
On le surnomme le Scarface ou le Jacques Mesrine des banlieues. Cortex, 29 ans, défraye depuis peu la chronique, en se plaçant comme le représentant de la nouvelle génération de rappeurs indépendants et hardcores. La provoc’ est sa marque de fabrique, et il ne s’en cache pas. C’est avec un vocabulaire volontairement tendancieux, ce qui colle au personnage, que Cortex a répondu aux interrogations de la rédaction sur son parcours, ses prises de position et son buzz médiatique.
Entendu ce jeudi à la 17è chambre correctionnelle de Paris, lors d’une comparution pour propos insultants contre la police et Brice Hortefeux, Cortex s’est vu demander une amende de 1000 euros par le procureur. Le résultat du jugement sera connu le 9 juin prochain. le 31 mai, le chanteur est de nouveau convoqué par le tribunal de Paris, dans le cadre d’une plainte de Marine Le Pen à l’encontre de l’évryen.
« Je ne suis pas comme tous ces rappeurs en major qui sucent skyrock pour se faire une image »

Essonne Info : Première question que tout le monde se pose, qui est Cortex ?
Cortex : C’est le rappeur indépendant qui fait parler de lui, c’est la médiatisation, mais avant tout c’est un combat, une lutte. Je suis un rappeur indépendant qui défend des causes, pas le clown. Derrière, il y a tout un combat, une stratégie pour s’exprimer, que les politiques comprennent le message. Je suis la voix des jeunes, du peuple. Je suis anti-raciste, je défends les SDF. J’ai fait une vidéo où j’explique aux gens qu’il faut donner, même un euro. Si on peut aider il faut le faire, à la hauteur de nos moyens. Je défends les femmes battues. Je ne suis pas comme tous ces rappeurs en major qui sucent skyrock pour se faire une image. Les gens ne voient que mes débats, le buzz que je fais, quand j’insulte les politiciens qui font de la merde. Mais ils ne voient pas toutes les choses que je fais derrière. En ce moment, j’essaye de me battre pour avoir un local et faire comme les restos du cœurs. Je vais essayer de faire du porte à porte, et ceux qui veulent pourront ramener des choses dont ils n’ont plus besoin. Après, celui qui vient, qui lui manque quelque chose, il pourra se servir. Dans Cortex il ne faut pas voir que le côté « j’insulte ». Quand j’insulte, que se soit Zémmour, Marine Le Pen ou Hortefeux, c’est qu’ils ont fait des choses bizarres, c’est pas pour rien.
Essonne Info : Comme tu dis, tu as fait le buzz médiatique autour de tes vidéos, ce qui te vaut de passer plusieurs comparutions au tribunal. Est-ce que tu assumes tous tes propos et leurs conséquences ?
Cortex : Bien sûr, jusqu’aujourd’hui j’assume. Je ne vais pas dire à mon avocat d’y aller et pleurer pour qu’on plaide pour une défense du « excusez-moi ». Moi j’assume mes actes, mes propos. C’est toujours précis ce que je fais, ce que je dis. C’est pas du n’importe quoi. Bien sûr j’assume en toute liberté, avec fierté, et la tête haute.
« Je suis moi-même »

Essonne Info : Tu es considéré comme un rappeur Hardcore et indépendant. Qu’est ce que cela implique?
Cortex : Quand tu es rappeur indépendant, tu fais tout de A à Z sur un projet de rap. Tout comme la marque de vêtement que je possède aujourd’hui (ndlr : Gangster de Tess). Je finance tout de A à Z. Mes enregistrements, c’est mon argent, également les enregistrements studio, quant tu fais les prises photos, les clips vidéos, les démarches. Je fais tout tout seul. Les textes, tout ça. J’écris aussi tout seul. Je dois aller à Paris souvent pour des interviews ou autres démarches. Tout ça c’est indépendant, vraiment. Je ne compte pas sur une maison de disque qui va faire le travail pour moi. C’est à l’image de moi même. C’est pas quelqu’un qui va me faire une ligne de conduite, c’est moi. Je suis moi même. Ce que j’écris, c’est mon concept à moi, ce sont mes idées, celles de personne d’autre. Je parle de mon vécu, je ne parle pas du vécu des autres. J’ai grandi en cité, aux Pyramides, avec des expériences propres. Je ne suis pas beaucoup entouré, mais je pense à des chanteurs indépendants qui me soutiennent comme Morsay ou Sinox, je les remercie. Heureusement qu’il y a aussi des sites comme Rapadonf qui soutiennent mes actions.
Essonne Info : Sur l’actualité, on a beaucoup entendu parlé d’une certaine radio, Skyrock. Tu t’es exprimé à ce sujet. Que penses-tu de la situation?
Cortex : C’est une grosse radio de tafiole, Bellanger n’est qu’un pédophile, Fred Musa ne connait rien au rap et à la culture Hip-Hop. Difool raconte des histoires de cul à longueur de journée à des petites de 14 ans. Et après on vient me censurer quand je fais des phrases médiatiques. Mais eux on devrait les censurer 10 fois plus. Difool ne raconte que des bétises. Il faut arrêter un peu. Là ils se sont faits sauver par le crédit agricole, ça me fait bien rigoler. Ce n’est qu’une radio de loosers.
Essonne Info : Tu a été attaqué pour des propos sur la police nationale et Brice Hortefeux. Est-ce que tu peux nous en dire plus, sur ta vision de l’action de la police aujourd’hui et pourquoi tu t’exprimes sur ce sujet ?
Cortex : La Police aujourd’hui c’est Sarkozy. Il a fait un état policier. Arriver, nettoyer avec des mitraillettes juste pour un contrôle d’identité, voilà ce qui se passe ici. Des fois ils ne savent pas que tu travailles. Tu peux être journaliste, tu vas mettre une veste comme moi. Lui il peut travailler des études d’avocats, la journée en costard et le soir, il va mettre son petit jogging. La police va alors contrôler juste sur des apparences de fringue ou au faciès, dès qu’ils te voient avec une casquette, tu un vendeur de shit, un braqueur… Alors que les vrais pédophiles, les vrais tueurs, comme à Nantes, ils ne les attrapent pas. Car il ne savent pas faire des enquêtes. Mais par contre un mec comme moi, Cortex, avant-hier j’étais encore en garde à vue, dans l’affaire avec Abdul X, pour un son que l’on a fait. Ils savent nous prendre nous les rappeurs. Mais les pédophiles, les vrais tueurs, la plupart courent toujours. Merci la police française.
« Je ne suis pas du tout homophobe »

Essonne Info : Une autre question. Tu as été attaqué suite à une vidéo sur le maire de Paris. La question que l’on se pose : Est-ce que tu es homophobe ?
Cortex : Non pas du tout. Mais comme je l’ai dit, je m’excuse encore une fois. Delanoé, c’est une personne que j’aime bien, c’est pas un ennemi. Dans le monde politique, c’est pas un mauvais, mais comme j’avais dis, disons que je suis un provocateur dans mes chansons, dans mes phrases. C’était une phrase que j’ai dite car ça collait à ce moment là. C’est de la provocation, je savais que ca allait un peu buzzer. J’ai rien contre lui, je ne suis pas du tout homophobe. Quand je dis à la police que ce sont de gros PD, c’est comme si je disais des gros cons, des gros connards, des gros marioles, c’est une insulte. Parfois on se dit dans la cité « Ho salle PD, fils de pute » , tu vois on se dit bonjour comme ça nous en banlieue. Quand on se dit ça, c’est pas homophobe, on a eu l’habitude de le dire, mais y sans penser.
Essonne Info : Dernière question. Suite à ton procès hier, tu as une prochaine confrontation le 31 mai, cette fois du fait de Marine Le Pen. Qu’est-ce que ça te fait d’être attaqué par celle qui est une prochaine candidate à la présidentielle?
Cortex : Cela ne me fait ni chaud ni froid. Elle peut s’attaquer à moi. Même si elle se met à poil devant moi, je ne vais pas bander. Cela ne me fait ni chaud ni froid, je dis ce que je pense. Elle avait fait des affiches anti-islamiques en stigmatisant les musulmans, mettre tout le monde dans le même panier. C’était violent ces images, une femme qui porte la burka, des missiles, tout mélangé quoi. Donc j’étais obligé de l’attaquer, comme tout ceux qui ont fait des phrases comme cela. Qui font des diabolisations sur les religions, moi j’ai jamais attaqué aucune religion. On est dans un pays multiculturel, c’est ça la laïcité, il y a un mélange de culture, que eux refusent !
Source : http://essonneinfo.fr/91-essonne-info/9145/entretien-cortex-sexplique-sur-ses-polemiques

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